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Petit exercice préliminaire.
Pensez à une fois dans votre vie où vous avez eu mal.
Mal de chez mal, et je parle douleur physique (un accouchement sans péridurale, un bras cassé, etc...).
Voilà, vous y êtes, vous vous souvenez très bien de ce moment... vous avez eu si mal...
Vous vous en souvenez, certes. Mais la douleur physique, elle, a disparu.
Physiquement, vous n'avez plus mal, et même en y repensant de toutes vos forces, vous ne pouvez pas (heureusement) faire renaitre la douleur physique.
Ma démonstration ici, c'est de dire qu'il y a des choses qui ne peuvent que se vivre. Se vivre. En direct live.
Car si le moment est passé, vous aurez beau y repenser, elles ne peuvent plus se revivre.
Et si l'amour était comme ça? Et si l'amour ne pouvait que se vivre, en direct live?
Je n'en sais rien, mais j'ai l'impression que c'est le cas....
Et si c'est le cas, et bien on perdrait moins de temps à s'arracher les cheveux dessus en y pensant tout le temps, puisqu'il ne peut que se vivre, et non pas se penser ;)
Un dimanche matin tu te lèves, il fait beau, peut être une dernière fois avant longtemps.
Alors, tu cherches des asics de compet', ton short, ton tee shirt, et surtout ton soutien gorge de compet', parce que t'as très envie de courir vite, et donc tu ne veux pas entendre parler de tes oeufs aux plats.
Tu sors, les Fratellis à fond dans les écouteurs. Tu cours vite. Au bout de 3 minutes, ton corps est passé de 37° à 45°. C'est bon. Tu accélères.
Allègrement, tu cours sans te soucier de rien. Tu enchaines les foulées sur le bitume, et tu commences à dépasser tous les coureurs que tu apercevais au loin. C'est bon.
Tu croises sur le parvis de la grande bibliothèque trois femmes en tenue de course. Elles sont à l'arrêt, et elles discutent. Peut être sont elles en train de décider de leur itinéraire. Mais tu sais qu'elle ne vont pas courir très vite, parce qu'elle ont des longs pantalons de jogging moletonné, avec des gros sweat shirts moletonnés. Tu sais que tu ne peux pas courir comme ça avec un si grand soleil. A moins de kiffer le hamam. En un clin d'oeil, elles sont loin derrière.
Une avenue à l'ombre. Tu sais que tu peux accelérer sans passer à une température corporelle de 56°, alors tu fonces. Tu te sens des ailes. Tu es fière de toi. Tu trippes courir. C'est bon.
Et c'est à ce moment là, juste quand tu te sens aussi forte que Leonardo sur la proue du Titanic... que tu vois du mouvement rouge sur ton rétroviseur interne gauche.
C'est un homme. En un clin d'oeil, il t'a dépassée, toi et tes ailes di Caprio. Ce qui te scie, c'est qu'il n'a même pas l'air de courir. Il est tellement fluide, qu'on dirait qu'il marche, tranquilou. Déjà 50 mètres d'avance sur toi.
Piquée au vif que tu es, tu accélères. Mais ton cerveau à déjà calculé tout seul la formule mathématique qui te prouve que tu ne pourras jamais le rattrapper. 150 mètres d'avance. Mais c'est pas possible, il marche sur l'air.
Plus rien n'existe, que l'homme en rouge qui court devant toi. Il devient de plus en plus petit.
Tu te dis que s'il tombe sur un feu rouge, tu pourras peut être lui grapiller quelques mètres. Mais non. Les petits piétons verts s'allument à sa commande.
Tes poumons sont en feu. Déjà, tu ne le vois plus. Il est trop loin. Tu abandonnes. T'as la rage. Tu ne baisses pas l'allure pour autant. C'est bon.
La déception rouge est de courte durée, parce que sur ta droite, le long du quai où tu cours, il y a un yacht de plaisance, l'Orca. Et tu cours sur la berge aussi vite que lui glisse sur l'eau. Tes ailes reviennent, et tu vois le clin d'oeil de di Caprio qui t'encourage dans ta tête.
Tu dépasses le yacht. Tu n'y connais rien en marine, mais tu te dis qu'il doit être à 20 noeuds parce que ça sonne bien, et que tu viens de le dépasser. C'est bon. Le rouge n'est plus ton souci.
T'es sur le chemin du retour, t'as bien couru, t'es presque arrivée. Et là, tu repasses devant le bâtiment T4 de la grande bibliothèque. Tes lèvres sont sèches comme le désert. Et pourtant, intérieurement, tu éclates de rire. Les trois coureuses en jogging moletonné sont encore là, au même endroit. Toujours aussi fraiches et sèches. 40 minutes après ton premier passage. Mais lol.
Lol. Ce sera ta pensée de fin, pendant le rituel du sprint final, à la Bolt. C'était bon.
Ou plus précisément, quand les femmes cherchent, elles trouvent.
Ce qui est vraiment atroce avec les femmes (comme moi^^),
C'est que parfois on cherche non pas ce que l'on veut trouver, mais ce que l'on ne veut surtout PAS trouver.
C'est aussi ça être une femme, chercher ce que l'on ne veut pas trouver. (Au secours, n'est ce pas).
Mais on trouve.
Un cheveux, un appel entrant, un appel sortant, un texto, un mail, un post it, un prénom dans un agenda, un message qui clignote sur msn....
On trouve toujours ce qu'on cherche.
Qui cherche, trouve.
Et je sais pourquoi.
Pas forcément parce qu'il y a quelque chose à trouver,
Mais parce qu'à partir du moindre bout de queue d'indice de rien du tout, on est tout à fait capable de bâtir un château digne de Disney, ou de la Maison des Horreurs, pour être plus précise.
Car notre imagination et notre interprétation n'ont pas de limites. Aussi fertiles que des terres bourrées d'hormones artificielles.
Alors pour remédier à cette calamité qui nous me touche particulièrement, (chercher = trouver), j'ai renoncé, il y a quelques temps déjà, officiellement à chercher.
Il n'y a pas d'autre solution.
Et c'est la meilleure de toutes les décisions que j'ai prise cette année.
Exprimer son émotion, sans la déformer
Exprimer sa passion, sans le regretter.
S'il était si facile d'aimer,
S'il était si facile de consoler,
S'il était si facile de réunir.
Choisir les bons mots,
Choisir les bons moments,
Choisir la bonne personne.
Aimer sans compter
Compter sans réflechir,
Réfléchir sans trahir.
Avancer sans craindre,
Respecter sans douter,
Aimer sans concession.
Se séparer de la douleur,
Transmettre la douceur,
Accepter le bonheur.
Aimer sans torturer,
Aimer sans souffrir,
Aimer sans languir.
Aimer simplement,
Aimer passionnément,
Aimer pour toujours.
Parler sans crainte,
Parler sans heurter,
Pardonner, et se faire pardonner.
Souffrir.
Pleurer.
Aimer.
je mens,
je triche,
je trompe,
je déçois,
j'enerve,
je crie,
je frappe,
Mais je continue,
à rêver, à espérer, à désirer, à envisager, à prévoir, à construire, à recommencer, à essayer, à vaincre, à m'améliorer, à comprendre, à apprendre, à enseigner, à souhaiter, à me battre, à croire, à aimer....
Je voudrais bien être sûre, de tout, mais je sais bien, que ça n'arrivera jamais....
Tout comme la perfection reste impossible, l'assurance reste, au mieux, un objectif.... (je ne sais pas si c'est très clair ce parallele)
Et je sais qu'il restera toujours dans mes choix, une part d'incertitude, dans mes déclarations, une part d'inavoué, dans mes gestes, une part de maladresse, dans mes écrits, une part de variable, dans mes victoires, une part de défaite, et dans mes larmes, une part de moi.
Merci à Ptite fée et ATM de m'avoir fait découvrir Debout Sur Le Zinc.
Et bonne fin de journée à tous ici :)
Les poûtres sont usées autour de la lucarne. Elle est debout, son regard est perdu dans le vif rose-orangé du ciel. C'est le levé du jour.
Le jour se lève, c'est immuable. Mais aujourd'hui, il se lève sur quoi? Un vieux clou rouillé dépasse de la poûtre de droite.
Autour d'elle c'est le silence, et dans sa tête, c'est le néant.
Un coin de ciel bleu perce, le soleil reprend ses droits et passe un rayon au travers du verre de la lucarne tacheté de traces de pluie.
Elle s'approche de la lucarne et laisse ses pensées tourmentées glisser le long du rayon de soleil, elles atterrissent sur le parquet poussiéreux et forment un petit tas à ses pieds nus.
Avec le bout du pied, elle éparpille les poussières de pensées qui s'envolent aussitôt en mille petites gouttes lumineuses.
Amusée, elle souffle sur les gouttes lumineuses qui dansent langoureusement en l'air sur le trajet de la lumière naissante, avant de disparaitre, une à une, dans l'ombre du grenier.
Adieu souvenirs.
Bonjour, nouvelle journée.
et bonjour à tous ici :)
EDIT:
Vivre, pour moi:
Vivre:
garder un secret qu'on a envie de crier sur les toits
accomplir une succession d'exploits quotidiens, et recommencer le lendemain
aimer et aider les êtres qui croisent notre route
se souvenir de ceux qui nous ont quittés
croire en soi, dur comme fer
se souvenir qu'il y a des gens qui entrent, et qui sortent de notre vie, et c'est normal
ne pas oublier qu'on a qu'une vie
garder en tête que c'est un choix évident d'être ouverte à tout, plutôt que fermée à tout
savoir que l'esprit a besoin du corps, et vice versa
penser toujours que rien n'est parfait, ni éternel
admettre que le moteur est fondamental, mais que la chaine dépend du maillon le plus faible.
J'en suis à la moitié un an et demi du livre de Beigbeder "L'amour dure trois ans." (merci Clémousse).
Que dire... j'ai envie d'écrire, quelques lignes, avant même de le terminer. (Ce qui sera vite fait, ce n'est pas de la grande littérature, ça se lit vite, les chapitres sont concis et directs. Les phrases sont simples, et comme l'OM, il va droit au but ;).)
Au risque de décevoir certains, (vive la liberté éditoriale), j'aime ce livre. Certes, il est écrit par un homme un mec de chez mec, et pourtant, certains sentiments, certains vécus, me parlent, me touchent (pas tout ce qu'il dit, hein, j'ai dit certains).
Je voudrais rebondir sur une phrase, qui me travaille.
Page 82: "Je quittais ma femme, et pourtant c'est à moi même que je disais au revoir. Le plus dur ne serait pas de quitter Anne, mais de renoncer à la beauté de notre histoire. Je me sentais comme toute personne qui abandonne un projet trop ambitieux pour être possible: à la fois déçu et soulagé".
Ces idées qui me trottent dans la tête, (et dont j'avais déjà parlé à quelques personnes de mon entourage), c'est:
premièrement: cette notion de renoncer à une histoire.
Quand on se sépare de quelqu'un, on tire un trait sur la personne, certes, mais en plus, on tire un trait sur toute l'histoire passée, et encore un autre trait sur toute l'histoire future. C'est très égoiste de dire ça, mais je pense que les plus durs à tirer, comme traits, sont les traits sur les histoires. Car la personne, elle, ne nous appartient pas en tous les cas. Le trait, on ne le tire pas vraiment sur elle, elle reste vivante, elle reste là, elle fera d'une façon ou d'une autre toujours partie de notre vie...; mais les histoires, passées et futures, elles, sont finies, terminées, game over.
Et ça, c'est effectivement le plus dur à avaler je trouve.
deuxièmement: cette notion d'être à la fois déçu et soulagé par la fin d'un projet qui sécroule.
On dit souvent "histoire d'amour", mais je pense que pour être plus précis, il faudrait parler de "projet d'amour". Dans une histoire, on n'est pas acteur: on est auditeur de l'histoire, ou bien lecteur, mais aucun des deux, ni le lecteur, ni l'auditeur, ne participent à la rédaction de l'histoire. Tandis qu'en amour, il n'y a ni lecteur, ni auditeur, mais deux écrivains. L'amour, c'est un projet qui s'écrit à deux. Ce n'est pas une histoire, c'est un projet. On fait des plans, on construit, on avance, on recule, on échaffaude, on prend des décisions, on fait face aux imprévus, on se laisse des issues de secours, on accueille les surprises avec plaisir, et à deux, on lutte pour le même objectif: rester ensemble, s'aimer toujours. Comme dans tous les projets, il y a des enjeux, des objectifs, des étapes, des succès, et comme pour tous les projets, la seule menace: est l'echec (tandis qu'une histoire n'a pas "d'échec", en soi ce n'est qu'une histoire.).
Une fois que l'échec est consommé, effectivement, on est à la fois déçu, et soulagé.
Voilà, c'était ma reflexion du matin, qui vaut c'qu'elle vauuuuuuuuuuuut *à la façon de Bénabar dans Bruxelles ;)*
"Ce qui se conçoit clairement, s'énonce aisément"... je crois que c'est la formule, peu ou prou... formule à laquelle je rajoute un préalable: "Ce qui se vit sous l'emprise d'émotions fortes, se conçoit très clairement, et s'énonce encore plus aisément." Trois émotions me rendent particulièrement loquace: l'euphorie, la peine, et la colère.
Bref, tout ça pour dire, mon ire du jour me pousse irrémédiablement sur mon clavier.
Faire plaisir, EST pour moi un plaisir. Vraiment.
Je n'ai pas besoin de rechercher une source supplémentaire de plaisir, plus personnelle ou plus égoïste (osons, soyons fous, n'ayons pas peur des gros mots), pour me convaincre.
Le plaisir donné est pour moi exactement au même niveau que le plaisir reçu.
Si j'accompagne, à sa demande, quelqu'un voir un match au Stade de France, je n'y vais pas parce que cela satisfait directement mon propre plaisir, mais parce que je sais que ça lui fait plaisir, et savoir ça, me fait plaisir, et me SUFFIT à faire mon bonheur.
Et je pense que les femmes, plus que les hommes, sont réellement capables de tirer leur plaisir dans le plaisir procuré à autrui. Les femmes, plus que les hommes, savent vivre du plaisir par procuration.
Voilà, tiens, je me sens beaucoup plus calme maintenant que c'est énoncé ;)
Bonne fin de journée à tous ici :)