3 posts tagged “rage”
Si c'était à refaire,
je serais au sommet d'un volcan
je serais lave en ébullition.
Si c'était à refaire
je serais au fond des océans
je serais silence absolu.
Si cétait à refaire
je serais juste au dessus des nuages
je serais vide vertigineux.
Si c'était à refaire
je serais au delà de l'espace
je serais comète interstellaire.
Si c'était à refaire
je serais plongée dans l'amour infini
je serais blottie dans son coeur.
Du bout de ses doigts, il a dessiné mille promesses sur mon corps
puis il les a effacées.
Du bout de sa langue, il a gouté le sel de ma peau
puis il en a oublié la saveur.
Du bout de sa plume, il a écrit une histoire d'amour
puis en a changé les protagonistes.
Du bout de ses lèvres, il a prononcé les mots interdits
puis les a aussitôt oubliés.
Du plus profond de ses yeux, il m'a ensorcelée
puis il m'a enterrée.
Du plus pur endroit de son coeur, il a fermé l'accès
mais je suis sa geôlière.
Samedi 27 Janvier. 17h50. Gare d'Austerlitz. La nuit tombe. Elle grelotte et elle déteste le froid. Elle serre sa petite valise si fort dans sa main que ses phalanges sont blanches. Elle a les yeux levés sur le panneau d'affichage pour les prochains trains. Un jeune homme la bouscule légèrement. La gare lui semble immense. Et inhumaine. Glaciale. Pourtant ce n'est qu'une petite gare. Une image lui vient à l'esprit. Celle d'une affiche qui était au dessus de leur lit. Grand Central à New York.
Elle hésite. Elle ne tient plus debout, ses jambes refusent de faire un pas supplémentaire. Elle a le bout des pieds gelé. Lentement, elle détourne la tête du panneau d'affichage et laisse son regard errer le long des voies vides. Las, elle décide de s'attabler à une table de la petite brasserie face aux départs. La brasserie est pleine. Pleine de couples, de familles, ...de bruit, ...de souvenirs, de ressentiments. Elle se force à oublier son amertume, et la décision qui l'a menée ici. A cette table. Un samedi de Janvier.
Elle n'en peut plus de sentir cette rage au fond d'elle
. Cette rage sourde et enfermée dans son estomac. Cette rage qui veut exploser et sortir prendre l'air au grand jour. Cette rage si grande qu'elle ne peut plus se contenter d'une si petite place. Cette rage si forte qu'elle semble s'auto-alimenter et grandir en solitaire, sans avoir besoin de personne. Cette rage qui vit en elle et qui fait partie d'elle. Cette rage qui est son moteur. Cette rage qui est sa force. Mais cette rage qui est sa faiblesse. Elle n'en veut plus. Elle ne veut plus partager sa vie avec cette rage, ou avec lui. c'est fini.
Le serveur encaisse son café sans un mot. Il a vu les larmes au coin de son oeil et il n'ose rien dire. En fait, il a fait semblant de ne rien voir. Il a laissé la monnaie sur le bord de la table. Il a déchiré le ticket de caisse si rapidement.... d'un air si géné... et il est reparti derrière son comptoir. Elle se fiche de pleurer. Elle ne sent pas les larmes. Là, elle sent juste le froid. Un froid glacial qui colle à ses doigts fins et au bout de son nez. Un froid glacial qui a pris place dans son corps. A l'endroit même où quelque minutes encore il y avait cette rage fulminante. La rage a perdu. Le froid a gagné. Elle est maintenant entièrement gelée... de l'intérieur. Son regard retourne sur les voies désertes, et longe ainsi les quais, jusqu'à la ligne d'horizon. Elle sévade.
La silhouette du jeune homme qui l'avait bousculée entre brusquement
dans son champs de vision. L'instant est agressif et l'arrache à ses
pensées. "Laissez moi chasser vos larmes" lui murmure t-il à l'oreille droite. Seule une chanson lui vient à l'esprit.